mardi 30 janvier 2018

Module Image A2 semestre 4 Vidéo

 Synchronisation
Objectif
L’étudiant acquiert les outils nécessaires à l’élaboration de son projet et de sa recherche, en particulier dans le domaine de la vidéo. Il réalise un projet vidéo qui prend en compte le mode de diffusion dans l’espace et en particulier le dispositif sonore

Contenu
› Pratique et théorique.
› Synchronisation – silence et doublage.
L’atelier questionne le dispositif de l’image en mouvement et du sonore dans l’espace d’exposition :
– Acquisition d’une somme de savoirs issue d’une recherche dans le champ de la création contemporaine liée à la question de la vidéo, du son et des médias.
– L’étudiant doit aborder ces problématiques sous la forme d’une recherche théorique et référence ainsi que de façon pratique en réalisant un projet individuel.
– Acquisition d’une méthode de documentation sur l’œuvre d’un artiste, liée la problématique de l’étudiant (références).

Nature de l’évaluation
› Continue et ponctuelle.
L’évaluation est collective et se fait en deux temps : une première
fois à mi-semestre sur la phase de construction du projet et dans un deuxième temps lors de la présentation du dispositif. Sont évalués :
– La maitrise des techniques de captation et de montage.
– L’intelligence à manipuler les matériels utilisés en fonction du projet.
– L’acquisition d’une méthode de travail en regard du projet.


Musique et Silence
« Jamais je n'ai vu de jour si beau et si affreux ». « So foul and fair a day I have not seen » Macbeth. Acte I scène 3. Ce vers est cité par Alex un des personnage du film Elephant, 2003 de Gus Van Sant. Alex prononce ces mots dans un bref soliloque prononcé au moment de la tuerie.

A partir de visionnement d'extraits de ce film nous allons étudier le rapport du son à l'image et l'utilisation de la musique et du silence.

Michel Chion qui a analyser le son au cinéma, parle de sons en trois zones d'ancrage : in, off et hors-champs.
In ou son synchrone, c'est le son que l'on entend et que l'on voit. Par exemple on voit parler l'acteur dont on entend la voix en même temps ; on voit fermer la porte que l'on entend claquer.
Hors champ, la source de son n'est pas visible dans l'image au moment de l'émission de ce son, qu'il s'agisse d'un personnage toujours présent à l'action mais dont la caméra s'est détournée. Il s'agit d'un son qui reste pour nous situé imaginairement dans le même temps que l'action montrée, dans un espace contigu à celui que montre le champ de l'image.
Off, un son qui émane d'une source invisible située dans un autre temps et/ou un autre lieu que l'action qui est montrée dans l'image. Par exemple la musique de film, la voix-off du narrateur racontant l'action au passé.

Ces sons n'ont pas de texture ou de couleur particulières, ils sont in, hors-champ ou off, que par rapport à une image, et dans ce rapport même, à l'instant où il s'établissent.
Zone acousmatique = zone invisible


Évidement les frontières entre les sons sont poreuses. Il peut y avoir des son qui passent de in à hors-champ, et inversement c'est la situation la plus courante d'un plan à l'autre.
In/off est moins évidente.
Off/ hors-champ est la plus mystérieuse parce que l'on ne la voit pas.

Exercice :
Vous chercherez dans les films que vous connaissez des exemples pour illustrer ces différences entre les sons en rapport à l'image.


Le doublage ou le fantôme du réel
Perception fantômes
Il n'y a pas de bande son liée à l'image. On peut travailler les sons de manière autonome entre eux. La séquence du film de Federico Fellini en est un bon exemple. C'est la première séquence du film, celle des hélicoptères transportant une statue géante du Christ au dessus de Rome.
Exercice de description audio-visuelle de cette séquence.
2 fois son + image
1 fois sans le son
1 fois sans l'image
1 fois avec son + image












Faire une description audio-visuelle :
Dans le premier plan le son des hélicoptères n'est pas entendu pendant plusieurs secondes alors qu'ils sont déjà visibles : seulement-vu, seulement-entendu : sous un seul sens.
Fantôme des perceptions dans le sens de Merleau-Ponty dans « L'oeil et l'esprit ».
Le bruit de moteur des l'hélicoptères n'est pas toujours proportionnel au changement de grosseur des
appareils dans le plan.
Pas de correspondance mécanique et synchrone entre les deux phénomènes, plutôt une sorte de propagation vivante en forme d'ondes avec des retards et des décalages. La séquence comporte aussi d'autres phénomènes sonores plus passagers se produisant en vagues et qui sont soit absorbés par le vrombissement de l'hélicoptère ou absorbant eux-mêmes dans un processus de fusion et d’absorption sans fin. Par exemple les cris d'une nuée d'enfants qui courent dans la rue avalés par le bruit de l'hélico puis ce dernier est à son tour comme absorbé par le carillon des cloches e Saint Pierre de Rome.
Ce que l'on voit est influencer par ce que l'on entend et réciproquement. On se projette sur l'image ce que l'on entend et on e sur le son ce que l'on voit. Et on reprojette le tout sur l'écran.

On peut regarder aussi les trois premières minutes de 8 et demie de Federico Fellini aussi.
https://www.youtube.com/watch?v=6TsElhgMeXE
C'est aussi un bon exemple du travail du son. Moins démonstrative que dans la Dolce Vita mais aussi intéressante.

Le doublage
Une autre manière de synchroniser ou de désynchroniser le son et l'image est le doublage.
Exemple de doublage avec des voix qui nous sont familières.
https://www.dailymotion.com/video/xc2u0v

Clément Rosset, dans un livre Impressions fugitives, Minuit, 2004, se plait à remarquer que si certains doubles du réel ont pour fonction de lui dénier toute réalité, d’autres au contraire lui sont essentiels. En effet, si certaines figures du double relèvent du fantasme, de l’imagination, et sont autant d’illusions produites par les hommes pour échapper au réel, d’autres – au nombre desquels on peu compter le reflet, l’ombre et l’écho – apparaissent comme des « doubles de proximité » sans lesquels il n’y a pas de réel. S’appuyant sur des exemples littéraires, Rosset montre combien le corps sans ombre perd du même coup toute prétention à l’existence. La littérature fantastique comme la peinture surréaliste ont su exploiter l’inquiétude que pouvait engendrer la perception d’un objet sans ombre ou sans reflet.
Perceptions en plein
Le son enrichit l'image d'une valeur ajoutée qui semble se dégager naturellement de celle-ci. Effet Koulechov simultané)
Perceptions en creux
Par suggestion lorsqu'un son est fortement suggéré par la situation et l'image mais qui est absent alors que d'autres sons sont entendus.

Le fantôme du cri de Wilhelm
Blade Runner
Ridley Scott
Les scènes de rues sont importantes dans le film sur une métropolis du futur, on a le sentiment que la rue est très peuplée. On voit très peu de figurants dans l'image et on entends beau coup de sons. Et en sortant du film on est persuadés d'en voir vu beaucoup.
45:24
Le rapport son et image repose donc sur des phénomènes d'illusionnisme à travers des effets que l'on va ressentir. Un effet pas dans le sens péjoratif de manipulation ou d'erreur de perception.
Parce que dans la vie quotidienne, il n'en va pas autrement. Il y a sans cesse des situations où il y a de la projection, de l'anticipation, de l'interprétation et de la contamination entre les sens qui ne fonctionnent pas de manière étanche.

Blanche Neige Lucie (1996-1997)
Pierre Huyghe
À la suite d'un procès intenté à la société Walt Disney par l'interprète de la voix française du personnage de Blanche-Neige, dans le dessin animé éponyme, l'artiste est allé interviewer Lucie Dolène, afin qu'elle lui raconte cette part d'elle-même qu'elle a perdue puis regagnée : son histoire, la façon dont elle s'est identifiée au personnage et dont, en France, on l'a identifiée à lui. Qu'est-ce qu'un héros de conte de fées ? Et un personnage de dessin animé ? La voix humaine d'un tel personnage ne peut-elle être considérée comme un acteur, puisque par son interprétation elle lui apporte toute sa profondeur et sa chaleur, sinon la chair de son incarnation dans le réel de nos vies ?
Le reflet, l’ombre et l’écho
On sait depuis longtemps que le réalisme en tant que rendu le plus piqué, le plus précis et le mieux observable de la réalité est souvent le moins crédible, il fait moins « vrai » alors que son contraire, un image floue, granuleuse, cahotante, tremblée. Celle-ci donnera un effet d'authenticité et de croyance beaucoup plus convaincant que la précision chirurgicale d'une image lisible et définie.
Quand est-il du son ?

Pierre Huygue une nouvelle histoire
https://vimeo.com/25072628
https://vimeo.com/16310109

Images subliminales

Un message subliminal est un stimulus visuel ou sonore conçu pour être perçu par notre subconscient. Des techniques subliminales ont souvent été utilisées dans la publicité, la musique et la politique, comme vous le découvrirez tout au long de cet article. Leur efficacité porte cependant à débat.

Walt Disney
Contenu pratique :
Réalisez un film en vous inspirant de la phrase :
« Jamais je n'ai vu de jour si beau et si affreux ».
Dans ce film le son prend en compte au moins deux champs évoqués dans la partie théorique. Vous utiliserez au maximum le déplacement dans l'espace, d'un lieu à l'autre, d'une action à une autre en vous servant au maximum des différents steadycam disponibles à l'école.

Bibliographie :
Le son au cinéma, Michel Chion médiathèque Cote :  791.43 CHI - d
Audio-vision (son et image au cinéma), Michel Chion 1991
On Stage, la dimension scénique de l'image vidéo, ROMAN Mathilde, Le Gac Press 2011Erik
Point Ligne Plan : cinéma et art contemporain (dir) Erik Bullot, édition Léo Scheer, 2002
Sortir du cinéma – Histoire virtuelle des relations de l’art et du cinéma, Erik Bullot.MAMCO – Histoire à l'essai & archives contemporaines.
La question vidéo : Entre cinéma et art contemporain, Philippe Dubois, Yelow Now 2012
Cinéma contemporain : du film à lʼinstallation, Luc Vanchéri, Editions Aléas, 2009

mardi 12 septembre 2017

Vidéo Diversification A2 semestre 3 2017_2018

Le corps en scène

Objectif
Aborder le travail de l’image en mouvement en réalisant un projet individuel d’installation vidéo qui prend en compte la technique d’enregistrement vidéo/son ainsi que la place du spectateur avec un dispositif de diffusion dans l’espace.

Contenu
Depuis les années 1960, les premiers dispositifs utilisant la vidéo, comme ceux de Bruce Nauman, Dan Graham ou Peter Campus, donnent au corps une place centrale.
Inscrites dans la durée, ces œuvres s’adressent au spectateur en le convoquant dans la pluralité de ses sens, provoquant un état de présence autant mental que corporel. L’artiste engage aussi son propre corps dans la création des images. Avec l’installation vidéo, le spectateur ne peut oublier ni son corps ni l'espace dans lequel il se trouve.
Le travail s’effectue sous forme d’atelier collectif avec un suivi individuel. Le semestre se divise en trois périodes :

- phase d’expérimentation et analyses d’oeuvres historiques
- phase de production
- phase d’installation

Evaluation
Continue

Vito Accounci, Theme Song, 1973
http://www.ubu.com/film/acconci_theme.html



Abramovic et Ulay, Relation work, 1976-1980
http://www.ubu.com/film/abramovic-ulay_relation-work.html
Relation in Space, 1976, 14:35, b&w, sound
Talking about Similarity, 1976, 10:07 min. b&w, sound
Breathing in, Breathing out, 1977, 11:30 min, b&w, sound
Imponderabilia, 1977, 9:53 min, b&w, sound
Expansion in Space, 1977, 14:18 min, b&w, sound
Relation in Movement, 1977, 13:18 min, b&w, sound
Relation in Time, 1977, 12 min, b&w, sound
Light/Dark, 1977, 6:38 min, b&w, sound
Balance Proof, 1977, 8:43 min, b&w, sound



Sébastien Diaz Morales, Suspension, 2014/2017
https://vimeo.com/150264861



Tony Oursler, Guilty, 1995
https://www.youtube.com/watch?v=zbj-Nsqg11E 
Dans "l’art vidéo", terme qui recouvre des pratiques très hétérogènes, Tony Oursler est avant tout celui qui a profondément modifié le champ et la définition des installations vidéo, en faisant appel à une forme de théâtralisation. Il a recours à une grande variété de médiums — vidéo, film, photographie, informatique, web, sculpture, objets, mais aussi bandes musicales et sonores qui font l’objet d’un travail spécifique. Il a très tôt étendu la conception de l’écran à des supports inusités, de l’architecture et de l’espace public aux mannequins de chiffons — les dummies, ou "poupées", qui apparaissent en 1992 —, animés de visages, de pupilles exorbitées, de bouches déversant des flots de paroles. Il peut parfois utiliser des arbres ou des fumées pour disperser — plus qu’il ne les projette — des images vidéo (The Influence Machine, 2000-2002).



https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cLr9ybo/rgXq6RG
SWITCH (Theory is everyday experience)1995



Joan Jonas, Songdelay, 1973
http://ubu.com/film/jonas_songdelay.html
Dans la vidéo-performance Songdelay (1973), différents performeurs sont filmés, dans l’espace urbain, en train de réaliser des actions. Avec des bâtons, des miroirs, marchant sur un cercle blanc au sol… Une théâtralisation pouvant faire écho au cercle magique de Johan Huizinga (Homo Ludens, 1938). Les actions sont filmées depuis différents points de vue : de loin, de haut… Portant trace d’un voyage au Japon (théâtre Nô, Kabuki…), les actions mises en scène par Joan Jonas se résolvent en films cadencés, où les gestes et rythmes performent l’écoulement du temps.



 Mika Rottenberg, Fried Sweet 2008
http://www.ubu.com/film/rottenberg_sweat.html


Mary Reid Kelley, The Thong of Dionysus, 2015
https://vimeo.com/133793934


Priapus Agonistes, 2013 (excerpt)
http://www.maryreidkelley.com/priapus.html


Module Images A2 semestre 3 /vidéo 2017_2018

Filmer les espaces

Objectif
L'étudiant acquière la méthode et les outils nécessaires à l'élaboration d’un projet de « film » qui met en jeu la matière même de l’image en mouvement. Ce travail s’accompagne d’un apport théorique à partir de l’analyse d’oeuvres de la création contemporaine et en particulier leurs modalités de production et de diffusion.

Contenu
Le contexte de création et en particulier les espaces dans lesquels on vit et travaille, sont déterminants dans l’expérimentation et la production d’un travail artistique. Regarder, enregistrer, se positionner dans des espaces pour qu’ils deviennent les lieux, les acteurs d’un film.
Le travail s’effectue sous forme d’atelier collectif avec un suivi individuel. Le semestre se divise en trois périodes :

- Phase de recherche : repérages et expérimentations avec la fabrication de matériel audio-visuel pour constituer une sorte de de scénario (esquisses dessinées, photos, sons, courtes captations vidéo). En parallèle un travail de recherche s’effectue sous la forme d’analyses d’oeuvres.
Evaluation intermédiaire de l’expérimentation
Phase de production : tournage et montage
Evaluation collective : les projets sont diffusés et discutés collectivement.

Evaluation
En continue et en fin de semestre de l’acquisition de la méthode de travail en regard du projet.

Une manière de découvrir un lieu : la performance
Francis Alÿs, If you are a typical spectator, what you are really doing is waiting for the accident to happen, Mexico 1996
En jouant avec un objet et le hasard
http://francisalys.com/if-you-are-a-typical-spectator-what-you-are-really-doing-is-waiting-for-the-accident-to-happen-bottle/ 



Sometimes Making Something Leads to Nothing, 1997
http://francisalys.com/sometimes-making-something-leads-to-nothing/




Lada Kopeika Project, St. Petersburg, 2014
http://francisalys.com/lada-kopeika-project/ 



The Nightwatch, 2004
http://francisalys.com/the-nightwatch/


Mark Lewis, Rush Hour, Morning and Evening, Cheapside, 2005
https://vimeo.com/68254724


Jay's Garden, 2001
http://marklewisstudio.com/jays-garden/



Algonquin Park, Early March, 2002


Kay Walkowiak, Minimal Vandalism, 2013
Un extrait de la vidéo https://vimeo.com/111718415
La vidéo en entier mais il faut couper le son
https://vimeo.com/61047462 



Vidéo Diversification A3 semestre 5 2017_2018

Histoires naturelles
Objectif
L'étudiant acquière la méthode et les outils nécessaires à l'élaboration d’un projet de « film » et de son dispositif de diffusion dans l’espace. Ce travail s’accompagne d’un apport théorique à partir de l’analyse d’oeuvres de la création contemporaine en particulier de leurs modalités de diffusion dans l’espace d’exposition.

Contenu
Il s’agit d’explorer par l’image en mouvement la complexité de la narration à travers un outil d’enregistrement : la caméra, qui trouble les frontières entre le « réel » et la « représentation ». L’origine des histoires se trouve dans des situations réelles, dans un quotidien autour de soi. L’image dans un premier temps documentaire s’affranchit d’une démarche naturaliste dans leur construction et résiste à toute conclusion ou révélation d’une « vérité » ultime du récit. Une attention toute particulière sera menée à la place du son et la spatialisation de l’image.

Le travail s’effectue sous forme d’atelier collectif avec un suivi individuel. Le semestre se divise en trois périodes :
- Phase de recherche : captations, avec la fabrication de matériel audio-visuel. En parallèle un travail de recherche s’effectue sous la forme d’analyses d’œuvres.
Du 19 septembre au au 20 octobre
- Phase de production : tournage et montage
Du 7 novembre au 5 décembre
- Expérimentations dans l’espace et techniques d’installations
Du 5 décembre à l'évaluation du 19 décembre

Evaluation
Continue et en fin de semestre sous la forme d'une évaluation collective : les projets sont diffusés et discutés collectivement.

Omer Fast CNN Concatenated 2002
Vidéo couleur son de 18 mn
https://www.youtube.com/watch?v=RCD3IxCZpsM
Figurant parmi les rares œuvres que l’artiste a réalisées en studio, CNN est composée exclusivement d’images de présentateurs de la chaîne américaine. À partir d’une immense base de données de 10 000 mots qu’il a tirés de leurs discours, Fast élabore un récit poétique, déconcertant, qui joue sur la rhétorique de la peur et de l’insécurité. Les présentateurs fixent le spectateur, puis s’adressent à lui avec leur voix mécanique entrecoupée, comme possédés par une force fantomatique. Le contraste avec le caractère subjectif du discours – qui paradoxalement semble l’expression d’une sorte d’inconscient collectif – est ainsi souligné.



https://www.youtube.com/watch?v=IID_XUsl0JM
Portrait filmé de l'exposition d'Omer Fast au Jeu de paume en 2015


Omer Fast 5,000 Feet is the Best, 2011
https://vimeo.com/34050994
Cette vidéo naît de la rencontre, en septembre 2010, de l’artiste et d’un opérateur américain de Predator basé dans le désert du Nevada, près de Las Vegas. Pendant une série d’entretiens, le pilote décrit son travail et sa routine quotidienne, mais c’est derrière la caméra qu’il décide de parler des erreurs récurrentes commises par les drones, de leurs résultats dramatiques sur les civils et des conséquences psychologiques pour l’opérateur lui-même (troubles du sommeil, stress, anxiété…).
Omer Fast réalise le montage de cette rencontre – dans lequel l’anonymat du témoin est préservé – en l’entrecoupant de scènes jouées par un acteur, qui interprète le pilote dans une chambre d’hôtel de Las Vegas.


Omer Fast s’intéresse au rapport entre individu et collectivité, à la façon dont les événements sont transformés en mémoires et histoires ainsi qu’à leurs modes de circulation et de médiatisation.
A lire http://dormirajamais.org/narrateur/
Texte de Walter Benjamin sur le rôle du narrateur/ conteur, réflexions sur l’œuvre de Nicolas Leskov
http://belcikowski.org/la_dormeuse/benjamin_le_conteur.php

Omer Fast, The Casting, 2007
http://www.ubu.com/film/fast_casting.html



On sait, au moins depuis Godard, qu’un film, fût-il de fiction, est toujours le documentaire de son propre tournage (dont il contient la marque et qu’il laisse apparaître en filigrane), la décalque de son époque.


Mitch Epstein
http://mitchepstein.net/family-business-intro
Un projet multimédia sur la disparition du magasin de meuble et de l'agence immobilière du père de l'artiste. Avec des photos, de la vidéo, des documents d'archives, des interview, des storyboards et des écrits personnels, l'artiste raconte la vie de William Epstein qui reflète le succès et la chute d'une ville industrielle du nord est américain et remet en question le rêve américain.


A lire : Roger Pédauque (coll.), La Redocumentarisation du monde, éd.Cépadues, 2007.

“L’art n’est jamais un document, mais il peut en adopter le style.”


Mieke Bal, Lost in Space, 2005
https://vimeo.com/35317849 



Fiona Tan, Disorient, 2009
http://www.ubu.com/film/tan.html


Description de l'installation :
https://www.guggenheim-bilbao.eus/fr/expositions/fiona-tan-desorient/

Ane Hjort Guttu, How to Become a Non-Arstist, 2007
http://anehjortguttu.net/filter/film/How-to-Become-a-Non-Artist-2007 


Harun Farocki Serious Games 1
https://vimeo.com/25352653
https://www.youtube.com/watch?v=I1iDBF0jK3Q
https://www.youtube.com/watch?v=6oQVm96yjMs
https://www.youtube.com/watch?v=IyUhhkggGO8



Ruben Woodin Deschamps et Oscar Hudson, A second World, 2016
https://vimeo.com/163010009




lundi 11 septembre 2017

Module Images A3 semestre 5 /vidéo 2017_2018

L'installation vidéo

Objectif
Réalisation d’une installation vidéo
L'étudiant doit aborder la mise en espace de la vidéo sous la forme d'une recherche théorique et référencée ainsi que de façon pratique en réalisant un projet individuel. Acquisition d'une méthode de documentation sur une œuvre d'un artiste, liées à sa problématique que l'étudiant prend en référence.

Contenu
L’installation vidéo s’articule autour d’un espace-temps virtuel, celui de l’image vidéographique, et d’un espace-temps réel, celui du dispositif plastique. La synchronisation comme la désynchronisation du son et l’image, la diffusion sur plusieurs écrans dans l’espace. En amenant le mouvement des images dans le cadre muséal, les installations vidéo associent deux régimes esthétiques longtemps antagonistes, celui de la contemplation et celui de l'immanence, propre aux arts scéniques. Le spectateur ne peut oublier ni son corps ni l'espace dans lequel il se trouve.
Le travail s’effectue sous la forme d’un atelier collectif avec un suivi individuel et se déroule en trois phases :
- la phase de recherche pratique et théorique ainsi que les d’expérimentations du 2/10 (premier cours) au 23/10
- la production du son et des images du 6/11 au 4/12 (attention il n'y aura pas de séance le 13.11)
- la mise en espace et l’installation du 4/12 au 18/12 (évaluations du semestre)

Évaluation
Continue et évaluation de la qualité du projet .


Recherches

Peter Campus
http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2685
Peter Campus réalise, dès 1971, des vidéos et des installations en circuit fermé. L'artiste explore les questions de la perception de l’espace, de l’appréhension de son propre corps dans la construction de l’identité à travers des points de vue inédits et des temporalités multiples. Grâce à la transmission en direct de l’image électronique, il invite le visiteur à faire d’étranges expériences de lui-même en le confrontant à des doubles dissociés dans l’espace et le temps, à une image de soi toujours problématique.



Melik Ohanian, The Hand, 2002
https://www.youtube.com/watch?v=hfvr3qs70Gw
Neuf cubes de téléviseurs sont posés au sol de façon aléatoire avec, néanmoins, un angle commun de vision. Chacun de ces cubes enferme une paire de mains d’ouvrier. Nues et désœuvrées, elles se heurtent de temps en temps; et de cette frappe lente et solitaire, marquant plutôt la déception, nait une forme d’applaudissement dans un arrangement qui offre au spectateur un morceau de musique rythmique.


William Kentridge, The Refusal of Time, 2012 
https://www.youtube.com/watch?v=uaPnBorIMmc Née de la rencontre avec le compositeur Philip Miller et d’une série d’échanges avec l’historien des sciences Peter Galison, Refusal of Time mêle musique, lecture, danse, chants, vidéos, dessins, performance et met en scène les interrogations de Kentridge sur la notion de temps.



More Sweetly Play The Dance, 2015
https://youtu.be/pA7uob5PIPw 
Une œuvre immersive qui nous confronte directement aux enjeux migratoires contemporains.


Pipilotti Rist Pixel Forest, 2016
Installations immersives, colorée, géantes au MOMA à New-york
https://www.youtube.com/watch?v=yRnDHu0Fmtk &gt



https://youtu.be/0z_-ofYzkqE
Interview, le point de l'artiste sur le travail de l'installation vidéo.


Doug Aitken Altered Earth Installation, 2012
Installation à la grande Halle à Arles.
L'installation vidéo monumentale et l'appli iPhone proposent une expérience cinématographique inédite, nous conviant dans des paysages soumis à un autre espace-temps, là où la pensée est fluide et l'architecture liquide.



Dispositif circulaire avec bande son chantée, à la Shirn Kunsthalle de Frankfurt, 2015




Heike Baranowsky et Ursula Rogg
KviKvi, 2015


The Icelandic landscape at the foot of the Eyjafjallajökull vulcano, responsible for the near standstill of European aviation in 2010, as well as a 100-year old, brick-built pool built into the rock, form the stage for KviKvi, 2014. Ten women singing together in a choir left their daily routine behind for a week in July 2014 to develop a project together with the artists Heike Baranowsky and Ursula Rogg, and choirmaster Gróa Hreinsdottir. The only predetermined detail was that there would be singing, and the singing would take place within the pool. KviKvi, a traditional Icelandic lullaby, served as the point of departure and as the basis for a range of improvisations in movements and singing which took place during those seven days. Collage-like performance and vocals coalesce with the nature and open into Baranowsky´s extensive, 4-channel video installation. This singing runs like a thread through the entire piece. Humming and different singing exercises gradually accrue to a musical canon during the course of the film, created by Baranowsky by superimposing and shifting two sound tracks. Finally, the sound unifies in a cacophony.



Isaac Julien

https://www.youtube.com/watch?v=lM32TL7VnOw
Ten Thousand Waves, 2013 au MOMA à New-York
Description de l'artiste lui-même du processus d'installation avec les moyens d'un grand musée.




Sturtevant Finite/Infinite, 2010





Elastic Tango, 2010



https://www.youtube.com/watch?v=xRuTEuDD7Tw
Interview de l'artiste en 2014

Guan Xiao

http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2487
En combinant les images qu’elle collecte sur Internet, Guan Xiao confronte des phénomènes très hétérogènes selon une logique instinctive et personnelle, et sans égard pour la distance cognitive entre les différentes images qu’elle traite. Il en résulte un mélange de réalités des plus éclectiques qui n’est pas sans évoquer le chaos de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg.



Riccardo Venturi, « Écran et projection dans l’art contemporain », Perspective [En ligne], 1 | 2013, mis en ligne le 30 décembre 2014.

https://perspective.revues.org/2004

mardi 31 janvier 2017

La géographie du temps

Le temps est à la fois « un outil avec lequel façonner et ciseler, et un matériau que l’on peut plier, tordre et configurer ».

Objectif
L'étudiant acquière la méthode et les outils nécessaires à l'élaboration de leur projet et de leur recherche dans le domaine de la vidéo. Il réalise un projet vidéo qui prend en compte l'expace d'exposition ou de diffusion : l'installation vidéo

Méthode
Travail d'atelier collectif : à partir de l'étude du processus du travail d'artistes contemporains dans le domaine de l'image en mouvement ainsi que d'un choix d’œuvres historiques l'étudiant élabore un projet individuel de film jusqu'au dispositif de diffusion, c'est à dire l'installation vidéo.
 
 
Les séances "ressources" (projections, analyses, discussions) alternent avec des séances où l'étudiant présente l'avancée de ses recherches ainsi que ses références étudiées. Rendez-vous individuels à prendre par email, pour la construction du projet de l'étudiant.
 
Contenu
Une manifestation possible d'une approche physique du temps, essence même des médiums vidéographique et photographique, le temps est appréhendé ici dans son caractère tout subjectif : à travers ses « trous », ses ellipses, ses retours, ses ralentis, ses répétitions, ses simultanéités, ses coïncidences.

Cette « géographie du temps » se retrouve dans la forme, dans le montage des films et de l'installation vidéo, dans leur dimension spatiale et architecturale, dans l’ambiguïté qu’elles entretiennent entre l’image photographique et l’image en mouvement. La photographie peut être utilisée comme « moments photographiques » –, ou encore dans les écarts qu’elles opèrent entre le son et l’image.

Evaluation
L'évaluation est collective et se fait en deux temps : une première fois à mi semestre sur la phase de construction du projet et dans un deuxième temps lors de la présentation de l'installation.
Est évalué :
- La maîtrise des techniques de captation et de montage.
- L'intelligence à manipuler les matériels utilisés en fonction du projet.
- L'acquisition d'une méthode de travail en regard du projet.


 
Fiona Tan
La question de la mémoire, le souvenir.
Installation le double écran.
 
24 Hour Psycho (1993), Douglas Gordon
Film utilisé : Psychose (Psycho, 1960) de Alfred Hitchcock
Cette installation, consiste en la projection au ralenti, de manière que la durée originale du film (109 minutes) s'étend sur toute une journée. Ce processus assez simple, produit cependant un mécanisme complexe au niveau de la mémoire du spectateur. Selon Douglas Gordon, "il est tiré vers le passé mais aussi vers le futur lorsqu'il réalise que l'histoire, qu'il connait déjà, ne semble jamais se dérouler assez rapidement. Entre les deux, se trouve aussi un présent qui évolue tout doucement et se dissout, tout en restant hors du temps".
Il y a un jeu narratif qui se déroule pendant la projection -peu de personnes regardent l'œuvre dans sa totalité- relatif au fragment fortuitement regardé. Notamment, l'utilisation d'un film très connu produit ce type de processus, qui ne fonctionne pas avec un film inconnu. La narration n'est pas dans l'installation même, mais dans l'esprit du spectateur.
http://www.wat.tv/video/24-hours-psycho-bref-extrait-41plb_2tg2r_.html
 





























5 Year Drive-By (1995), Douglas Gordon
Film utilisé : La Prisonnière du désert (The Searchers, 1956) de John Ford
L'opération appliquée à Psychose est mené à son extrême. La durée du film original est de  113 minutes, mais le récit raconte une histoire de cinq ans. "L'image ne changerait que toutes les quinze minutes, de façon à ne montrer qu'une seule seconde du film par jour de projection."
La relation entre temps réel, temps de durée du film et temps interne à l'histoire se confond ainsi en un seul temps. La projection la plus longue de cette œuvre s'est prolongée sur 47 jours dans un désert des États-Unis, montrant qu'une petite partie du projet envisagé par l'artiste.
D'autres projets existent qui travaillent avec l'idée extrême du temps et de la perception, comme la projection sur 639 ans de l'œuvre de John Cage As Slowly as Possible, qui a commencé en 2001, ou le String Quartet Nº 2 de Morton Feldman, qui a une durée de presque six heures sans interruption, avec des nuances des plus faibles entrez les images, présentant un véritable défi à la perception.




he Confessions of a Justified Sinner (1995), Douglas Gordon
Film utilisé : Docteur Jekyll et Mr. Hyde (Dr. Jekyll and Mr. Hyde, 1931) de  Rouben Mamoulian
https://www.youtube.com/watch?v=hrPPXObT7z4
Deux écrans mis de biais, l'un avec un angle positif et l'autre avec un angle négatif, montrent trois extraits du film, dans lesquels le Dr. Jekyll se transforme en Mr. Hyde, projetés au ralenti.  Il y a ici, bien évidemment, d'après le roman de Stevenson, l'opposition entre le bien et le mal ; en plus, il utilise pour le titre un autre roman écossais du XIXe siècle, sur le même sujet. Il est intéressant de voir comment l'artiste a utilisé ce film et en a extrait la partie la plus symptomatique, la partie dont on parle depuis les années trente, très emblématique et représentative des effets spéciaux utilisés à l'époque.





















Portrait de Douglas Gordon
http://www.vice.com/en_ca/video/douglas-gordon


Electric Earth 1999 Doug Aitken
Une histoire de synchronisation et désynchronisation du temps et de l'espace. 
http://www.ubu.com/film/aitken_electricearth.html

L'installation multi écran
https://www.youtube.com/watch?v=LSziysd2Duk 
https://www.youtube.com/watch?v=-EEl5GE9ObY

Gray (1993)
http://www.ubu.com/film/ahtila_gray.html

Les films et les installations cinématographiques d'Eija-Liisa Ahtila explorent la question de la narration et sont autant de récits sur des expériences humaines extraordinaires. Les films d’Ahtila se retournent sans cesse sur les mêmes questions : la séparation, la sexualité, l’adolescence, les liens familiaux, la désintégration mentale et la mort.
Le thème de GRAY est le changement qu'une catastrophe opère sur la réalité et la frontière floue séparant l'autre de l'ego. Le film traite d'une situation dont l'autre ne peut être exclu (...). Trois femmes parlent d'un désastre nucléaire qui survient au-delà des limites de l'Etat et décrivent les événements qui en découlent. Le discours est allusif ; il contient à la fois des faits matériels sur les accidents nucléaires et des pensées personnelles. Les femmes descendent par un monte-charge dans un lieu sombre situé sous l'eau. Le changement, qu'il soit provoqué par les retombées radioactives d'un accident nucléaire ou par l'invasion d'une langue et de coutumes étrangères, est définitif - il devient impossible de revenir à son ancien foyer.

Installations vidéo:
Video Quartet 2002 Christian Marclay
http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?INSTANCE=CITEMUSIQUE&URL=/mediacomposite/cmde/CMDE000001900/03.htm
A visionner sur you tube

  1. http://www.youtube.com/watch?v=9VmXoeZir7A