mardi 12 septembre 2017

Vidéo Diversification A2 semestre 3 2017_2018

Le corps en scène

Objectif
Aborder le travail de l’image en mouvement en réalisant un projet individuel d’installation vidéo qui prend en compte la technique d’enregistrement vidéo/son ainsi que la place du spectateur avec un dispositif de diffusion dans l’espace.

Contenu
Depuis les années 1960, les premiers dispositifs utilisant la vidéo, comme ceux de Bruce Nauman, Dan Graham ou Peter Campus, donnent au corps une place centrale.
Inscrites dans la durée, ces œuvres s’adressent au spectateur en le convoquant dans la pluralité de ses sens, provoquant un état de présence autant mental que corporel. L’artiste engage aussi son propre corps dans la création des images. Avec l’installation vidéo, le spectateur ne peut oublier ni son corps ni l'espace dans lequel il se trouve.
Le travail s’effectue sous forme d’atelier collectif avec un suivi individuel. Le semestre se divise en trois périodes :

- phase d’expérimentation et analyses d’oeuvres historiques
- phase de production
- phase d’installation

Evaluation
Continue

Vito Accounci, Theme Song, 1973
http://www.ubu.com/film/acconci_theme.html



Abramovic et Ulay, Relation work, 1976-1980
http://www.ubu.com/film/abramovic-ulay_relation-work.html
Relation in Space, 1976, 14:35, b&w, sound
Talking about Similarity, 1976, 10:07 min. b&w, sound
Breathing in, Breathing out, 1977, 11:30 min, b&w, sound
Imponderabilia, 1977, 9:53 min, b&w, sound
Expansion in Space, 1977, 14:18 min, b&w, sound
Relation in Movement, 1977, 13:18 min, b&w, sound
Relation in Time, 1977, 12 min, b&w, sound
Light/Dark, 1977, 6:38 min, b&w, sound
Balance Proof, 1977, 8:43 min, b&w, sound



Sébastien Diaz Morales, Suspension, 2014/2017
https://vimeo.com/150264861



Tony Oursler, Guilty, 1995
https://www.youtube.com/watch?v=zbj-Nsqg11E 
Dans "l’art vidéo", terme qui recouvre des pratiques très hétérogènes, Tony Oursler est avant tout celui qui a profondément modifié le champ et la définition des installations vidéo, en faisant appel à une forme de théâtralisation. Il a recours à une grande variété de médiums — vidéo, film, photographie, informatique, web, sculpture, objets, mais aussi bandes musicales et sonores qui font l’objet d’un travail spécifique. Il a très tôt étendu la conception de l’écran à des supports inusités, de l’architecture et de l’espace public aux mannequins de chiffons — les dummies, ou "poupées", qui apparaissent en 1992 —, animés de visages, de pupilles exorbitées, de bouches déversant des flots de paroles. Il peut parfois utiliser des arbres ou des fumées pour disperser — plus qu’il ne les projette — des images vidéo (The Influence Machine, 2000-2002).



https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cLr9ybo/rgXq6RG
SWITCH (Theory is everyday experience)1995



Joan Jonas, Songdelay, 1973
http://ubu.com/film/jonas_songdelay.html
Dans la vidéo-performance Songdelay (1973), différents performeurs sont filmés, dans l’espace urbain, en train de réaliser des actions. Avec des bâtons, des miroirs, marchant sur un cercle blanc au sol… Une théâtralisation pouvant faire écho au cercle magique de Johan Huizinga (Homo Ludens, 1938). Les actions sont filmées depuis différents points de vue : de loin, de haut… Portant trace d’un voyage au Japon (théâtre Nô, Kabuki…), les actions mises en scène par Joan Jonas se résolvent en films cadencés, où les gestes et rythmes performent l’écoulement du temps.



 Mika Rottenberg, Fried Sweet 2008
http://www.ubu.com/film/rottenberg_sweat.html


Mary Reid Kelley, The Thong of Dionysus, 2015
https://vimeo.com/133793934


Priapus Agonistes, 2013 (excerpt)
http://www.maryreidkelley.com/priapus.html


Module Images A2 semestre 3 /vidéo 2017_2018

Filmer les espaces

Objectif
L'étudiant acquière la méthode et les outils nécessaires à l'élaboration d’un projet de « film » qui met en jeu la matière même de l’image en mouvement. Ce travail s’accompagne d’un apport théorique à partir de l’analyse d’oeuvres de la création contemporaine et en particulier leurs modalités de production et de diffusion.

Contenu
Le contexte de création et en particulier les espaces dans lesquels on vit et travaille, sont déterminants dans l’expérimentation et la production d’un travail artistique. Regarder, enregistrer, se positionner dans des espaces pour qu’ils deviennent les lieux, les acteurs d’un film.
Le travail s’effectue sous forme d’atelier collectif avec un suivi individuel. Le semestre se divise en trois périodes :

- Phase de recherche : repérages et expérimentations avec la fabrication de matériel audio-visuel pour constituer une sorte de de scénario (esquisses dessinées, photos, sons, courtes captations vidéo). En parallèle un travail de recherche s’effectue sous la forme d’analyses d’oeuvres.
Evaluation intermédiaire de l’expérimentation
Phase de production : tournage et montage
Evaluation collective : les projets sont diffusés et discutés collectivement.

Evaluation
En continue et en fin de semestre de l’acquisition de la méthode de travail en regard du projet.

Une manière de découvrir un lieu : la performance
Francis Alÿs, If you are a typical spectator, what you are really doing is waiting for the accident to happen, Mexico 1996
En jouant avec un objet et le hasard
http://francisalys.com/if-you-are-a-typical-spectator-what-you-are-really-doing-is-waiting-for-the-accident-to-happen-bottle/ 



Sometimes Making Something Leads to Nothing, 1997
http://francisalys.com/sometimes-making-something-leads-to-nothing/




Lada Kopeika Project, St. Petersburg, 2014
http://francisalys.com/lada-kopeika-project/ 



The Nightwatch, 2004
http://francisalys.com/the-nightwatch/


Mark Lewis, Rush Hour, Morning and Evening, Cheapside, 2005
https://vimeo.com/68254724


Jay's Garden, 2001
http://marklewisstudio.com/jays-garden/



Algonquin Park, Early March, 2002


Kay Walkowiak, Minimal Vandalism, 2013
Un extrait de la vidéo https://vimeo.com/111718415
La vidéo en entier mais il faut couper le son
https://vimeo.com/61047462 



Vidéo Diversification A3 semestre 5 2017_2018

Histoires naturelles
Objectif
L'étudiant acquière la méthode et les outils nécessaires à l'élaboration d’un projet de « film » et de son dispositif de diffusion dans l’espace. Ce travail s’accompagne d’un apport théorique à partir de l’analyse d’oeuvres de la création contemporaine en particulier de leurs modalités de diffusion dans l’espace d’exposition.

Contenu
Il s’agit d’explorer par l’image en mouvement la complexité de la narration à travers un outil d’enregistrement : la caméra, qui trouble les frontières entre le « réel » et la « représentation ». L’origine des histoires se trouve dans des situations réelles, dans un quotidien autour de soi. L’image dans un premier temps documentaire s’affranchit d’une démarche naturaliste dans leur construction et résiste à toute conclusion ou révélation d’une « vérité » ultime du récit. Une attention toute particulière sera menée à la place du son et la spatialisation de l’image.

Le travail s’effectue sous forme d’atelier collectif avec un suivi individuel. Le semestre se divise en trois périodes :
- Phase de recherche : captations, avec la fabrication de matériel audio-visuel. En parallèle un travail de recherche s’effectue sous la forme d’analyses d’œuvres.
Du 19 septembre au au 20 octobre
- Phase de production : tournage et montage
Du 7 novembre au 5 décembre
- Expérimentations dans l’espace et techniques d’installations
Du 5 décembre à l'évaluation du 19 décembre

Evaluation
Continue et en fin de semestre sous la forme d'une évaluation collective : les projets sont diffusés et discutés collectivement.

Omer Fast CNN Concatenated 2002
Vidéo couleur son de 18 mn
https://www.youtube.com/watch?v=RCD3IxCZpsM
Figurant parmi les rares œuvres que l’artiste a réalisées en studio, CNN est composée exclusivement d’images de présentateurs de la chaîne américaine. À partir d’une immense base de données de 10 000 mots qu’il a tirés de leurs discours, Fast élabore un récit poétique, déconcertant, qui joue sur la rhétorique de la peur et de l’insécurité. Les présentateurs fixent le spectateur, puis s’adressent à lui avec leur voix mécanique entrecoupée, comme possédés par une force fantomatique. Le contraste avec le caractère subjectif du discours – qui paradoxalement semble l’expression d’une sorte d’inconscient collectif – est ainsi souligné.



https://www.youtube.com/watch?v=IID_XUsl0JM
Portrait filmé de l'exposition d'Omer Fast au Jeu de paume en 2015


Omer Fast 5,000 Feet is the Best, 2011
https://vimeo.com/34050994
Cette vidéo naît de la rencontre, en septembre 2010, de l’artiste et d’un opérateur américain de Predator basé dans le désert du Nevada, près de Las Vegas. Pendant une série d’entretiens, le pilote décrit son travail et sa routine quotidienne, mais c’est derrière la caméra qu’il décide de parler des erreurs récurrentes commises par les drones, de leurs résultats dramatiques sur les civils et des conséquences psychologiques pour l’opérateur lui-même (troubles du sommeil, stress, anxiété…).
Omer Fast réalise le montage de cette rencontre – dans lequel l’anonymat du témoin est préservé – en l’entrecoupant de scènes jouées par un acteur, qui interprète le pilote dans une chambre d’hôtel de Las Vegas.


Omer Fast s’intéresse au rapport entre individu et collectivité, à la façon dont les événements sont transformés en mémoires et histoires ainsi qu’à leurs modes de circulation et de médiatisation.
A lire http://dormirajamais.org/narrateur/
Texte de Walter Benjamin sur le rôle du narrateur/ conteur, réflexions sur l’œuvre de Nicolas Leskov
http://belcikowski.org/la_dormeuse/benjamin_le_conteur.php

Omer Fast, The Casting, 2007
http://www.ubu.com/film/fast_casting.html



On sait, au moins depuis Godard, qu’un film, fût-il de fiction, est toujours le documentaire de son propre tournage (dont il contient la marque et qu’il laisse apparaître en filigrane), la décalque de son époque.


Mitch Epstein
http://mitchepstein.net/family-business-intro
Un projet multimédia sur la disparition du magasin de meuble et de l'agence immobilière du père de l'artiste. Avec des photos, de la vidéo, des documents d'archives, des interview, des storyboards et des écrits personnels, l'artiste raconte la vie de William Epstein qui reflète le succès et la chute d'une ville industrielle du nord est américain et remet en question le rêve américain.


A lire : Roger Pédauque (coll.), La Redocumentarisation du monde, éd.Cépadues, 2007.

“L’art n’est jamais un document, mais il peut en adopter le style.”


Mieke Bal, Lost in Space, 2005
https://vimeo.com/35317849 



Fiona Tan, Disorient, 2009
http://www.ubu.com/film/tan.html


Description de l'installation :
https://www.guggenheim-bilbao.eus/fr/expositions/fiona-tan-desorient/

Ane Hjort Guttu, How to Become a Non-Arstist, 2007
http://anehjortguttu.net/filter/film/How-to-Become-a-Non-Artist-2007 


Harun Farocki Serious Games 1
https://vimeo.com/25352653
https://www.youtube.com/watch?v=I1iDBF0jK3Q
https://www.youtube.com/watch?v=6oQVm96yjMs
https://www.youtube.com/watch?v=IyUhhkggGO8



Ruben Woodin Deschamps et Oscar Hudson, A second World, 2016
https://vimeo.com/163010009




lundi 11 septembre 2017

Module Images A3 semestre 5 /vidéo 2017_2018

L'installation vidéo

Objectif
Réalisation d’une installation vidéo
L'étudiant doit aborder la mise en espace de la vidéo sous la forme d'une recherche théorique et référencée ainsi que de façon pratique en réalisant un projet individuel. Acquisition d'une méthode de documentation sur une œuvre d'un artiste, liées à sa problématique que l'étudiant prend en référence.

Contenu
L’installation vidéo s’articule autour d’un espace-temps virtuel, celui de l’image vidéographique, et d’un espace-temps réel, celui du dispositif plastique. La synchronisation comme la désynchronisation du son et l’image, la diffusion sur plusieurs écrans dans l’espace. En amenant le mouvement des images dans le cadre muséal, les installations vidéo associent deux régimes esthétiques longtemps antagonistes, celui de la contemplation et celui de l'immanence, propre aux arts scéniques. Le spectateur ne peut oublier ni son corps ni l'espace dans lequel il se trouve.
Le travail s’effectue sous la forme d’un atelier collectif avec un suivi individuel et se déroule en trois phases :
- la phase de recherche pratique et théorique ainsi que les d’expérimentations du 2/10 (premier cours) au 23/10
- la production du son et des images du 6/11 au 4/12 (attention il n'y aura pas de séance le 13.11)
- la mise en espace et l’installation du 4/12 au 18/12 (évaluations du semestre)

Évaluation
Continue et évaluation de la qualité du projet .


Recherches

Peter Campus
http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2685
Peter Campus réalise, dès 1971, des vidéos et des installations en circuit fermé. L'artiste explore les questions de la perception de l’espace, de l’appréhension de son propre corps dans la construction de l’identité à travers des points de vue inédits et des temporalités multiples. Grâce à la transmission en direct de l’image électronique, il invite le visiteur à faire d’étranges expériences de lui-même en le confrontant à des doubles dissociés dans l’espace et le temps, à une image de soi toujours problématique.



Melik Ohanian, The Hand, 2002
https://www.youtube.com/watch?v=hfvr3qs70Gw
Neuf cubes de téléviseurs sont posés au sol de façon aléatoire avec, néanmoins, un angle commun de vision. Chacun de ces cubes enferme une paire de mains d’ouvrier. Nues et désœuvrées, elles se heurtent de temps en temps; et de cette frappe lente et solitaire, marquant plutôt la déception, nait une forme d’applaudissement dans un arrangement qui offre au spectateur un morceau de musique rythmique.


William Kentridge, The Refusal of Time, 2012 
https://www.youtube.com/watch?v=uaPnBorIMmc Née de la rencontre avec le compositeur Philip Miller et d’une série d’échanges avec l’historien des sciences Peter Galison, Refusal of Time mêle musique, lecture, danse, chants, vidéos, dessins, performance et met en scène les interrogations de Kentridge sur la notion de temps.



More Sweetly Play The Dance, 2015
https://youtu.be/pA7uob5PIPw 
Une œuvre immersive qui nous confronte directement aux enjeux migratoires contemporains.


Pipilotti Rist Pixel Forest, 2016
Installations immersives, colorée, géantes au MOMA à New-york
https://www.youtube.com/watch?v=yRnDHu0Fmtk &gt



https://youtu.be/0z_-ofYzkqE
Interview, le point de l'artiste sur le travail de l'installation vidéo.


Doug Aitken Altered Earth Installation, 2012
Installation à la grande Halle à Arles.
L'installation vidéo monumentale et l'appli iPhone proposent une expérience cinématographique inédite, nous conviant dans des paysages soumis à un autre espace-temps, là où la pensée est fluide et l'architecture liquide.



Dispositif circulaire avec bande son chantée, à la Shirn Kunsthalle de Frankfurt, 2015




Heike Baranowsky et Ursula Rogg
KviKvi, 2015


The Icelandic landscape at the foot of the Eyjafjallajökull vulcano, responsible for the near standstill of European aviation in 2010, as well as a 100-year old, brick-built pool built into the rock, form the stage for KviKvi, 2014. Ten women singing together in a choir left their daily routine behind for a week in July 2014 to develop a project together with the artists Heike Baranowsky and Ursula Rogg, and choirmaster Gróa Hreinsdottir. The only predetermined detail was that there would be singing, and the singing would take place within the pool. KviKvi, a traditional Icelandic lullaby, served as the point of departure and as the basis for a range of improvisations in movements and singing which took place during those seven days. Collage-like performance and vocals coalesce with the nature and open into Baranowsky´s extensive, 4-channel video installation. This singing runs like a thread through the entire piece. Humming and different singing exercises gradually accrue to a musical canon during the course of the film, created by Baranowsky by superimposing and shifting two sound tracks. Finally, the sound unifies in a cacophony.



Isaac Julien

https://www.youtube.com/watch?v=lM32TL7VnOw
Ten Thousand Waves, 2013 au MOMA à New-York
Description de l'artiste lui-même du processus d'installation avec les moyens d'un grand musée.




Sturtevant Finite/Infinite, 2010





Elastic Tango, 2010



https://www.youtube.com/watch?v=xRuTEuDD7Tw
Interview de l'artiste en 2014

Guan Xiao

http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2487
En combinant les images qu’elle collecte sur Internet, Guan Xiao confronte des phénomènes très hétérogènes selon une logique instinctive et personnelle, et sans égard pour la distance cognitive entre les différentes images qu’elle traite. Il en résulte un mélange de réalités des plus éclectiques qui n’est pas sans évoquer le chaos de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg.



Riccardo Venturi, « Écran et projection dans l’art contemporain », Perspective [En ligne], 1 | 2013, mis en ligne le 30 décembre 2014.

https://perspective.revues.org/2004

mardi 31 janvier 2017

La géographie du temps

Le temps est à la fois « un outil avec lequel façonner et ciseler, et un matériau que l’on peut plier, tordre et configurer ».

Objectif
L'étudiant acquière la méthode et les outils nécessaires à l'élaboration de leur projet et de leur recherche dans le domaine de la vidéo. Il réalise un projet vidéo qui prend en compte l'expace d'exposition ou de diffusion : l'installation vidéo

Méthode
Travail d'atelier collectif : à partir de l'étude du processus du travail d'artistes contemporains dans le domaine de l'image en mouvement ainsi que d'un choix d’œuvres historiques l'étudiant élabore un projet individuel de film jusqu'au dispositif de diffusion, c'est à dire l'installation vidéo.
 
 
Les séances "ressources" (projections, analyses, discussions) alternent avec des séances où l'étudiant présente l'avancée de ses recherches ainsi que ses références étudiées. Rendez-vous individuels à prendre par email, pour la construction du projet de l'étudiant.
 
Contenu
Une manifestation possible d'une approche physique du temps, essence même des médiums vidéographique et photographique, le temps est appréhendé ici dans son caractère tout subjectif : à travers ses « trous », ses ellipses, ses retours, ses ralentis, ses répétitions, ses simultanéités, ses coïncidences.

Cette « géographie du temps » se retrouve dans la forme, dans le montage des films et de l'installation vidéo, dans leur dimension spatiale et architecturale, dans l’ambiguïté qu’elles entretiennent entre l’image photographique et l’image en mouvement. La photographie peut être utilisée comme « moments photographiques » –, ou encore dans les écarts qu’elles opèrent entre le son et l’image.

Evaluation
L'évaluation est collective et se fait en deux temps : une première fois à mi semestre sur la phase de construction du projet et dans un deuxième temps lors de la présentation de l'installation.
Est évalué :
- La maîtrise des techniques de captation et de montage.
- L'intelligence à manipuler les matériels utilisés en fonction du projet.
- L'acquisition d'une méthode de travail en regard du projet.


 
Fiona Tan
La question de la mémoire, le souvenir.
Installation le double écran.
 
24 Hour Psycho (1993), Douglas Gordon
Film utilisé : Psychose (Psycho, 1960) de Alfred Hitchcock
Cette installation, consiste en la projection au ralenti, de manière que la durée originale du film (109 minutes) s'étend sur toute une journée. Ce processus assez simple, produit cependant un mécanisme complexe au niveau de la mémoire du spectateur. Selon Douglas Gordon, "il est tiré vers le passé mais aussi vers le futur lorsqu'il réalise que l'histoire, qu'il connait déjà, ne semble jamais se dérouler assez rapidement. Entre les deux, se trouve aussi un présent qui évolue tout doucement et se dissout, tout en restant hors du temps".
Il y a un jeu narratif qui se déroule pendant la projection -peu de personnes regardent l'œuvre dans sa totalité- relatif au fragment fortuitement regardé. Notamment, l'utilisation d'un film très connu produit ce type de processus, qui ne fonctionne pas avec un film inconnu. La narration n'est pas dans l'installation même, mais dans l'esprit du spectateur.
http://www.wat.tv/video/24-hours-psycho-bref-extrait-41plb_2tg2r_.html
 





























5 Year Drive-By (1995), Douglas Gordon
Film utilisé : La Prisonnière du désert (The Searchers, 1956) de John Ford
L'opération appliquée à Psychose est mené à son extrême. La durée du film original est de  113 minutes, mais le récit raconte une histoire de cinq ans. "L'image ne changerait que toutes les quinze minutes, de façon à ne montrer qu'une seule seconde du film par jour de projection."
La relation entre temps réel, temps de durée du film et temps interne à l'histoire se confond ainsi en un seul temps. La projection la plus longue de cette œuvre s'est prolongée sur 47 jours dans un désert des États-Unis, montrant qu'une petite partie du projet envisagé par l'artiste.
D'autres projets existent qui travaillent avec l'idée extrême du temps et de la perception, comme la projection sur 639 ans de l'œuvre de John Cage As Slowly as Possible, qui a commencé en 2001, ou le String Quartet Nº 2 de Morton Feldman, qui a une durée de presque six heures sans interruption, avec des nuances des plus faibles entrez les images, présentant un véritable défi à la perception.




he Confessions of a Justified Sinner (1995), Douglas Gordon
Film utilisé : Docteur Jekyll et Mr. Hyde (Dr. Jekyll and Mr. Hyde, 1931) de  Rouben Mamoulian
https://www.youtube.com/watch?v=hrPPXObT7z4
Deux écrans mis de biais, l'un avec un angle positif et l'autre avec un angle négatif, montrent trois extraits du film, dans lesquels le Dr. Jekyll se transforme en Mr. Hyde, projetés au ralenti.  Il y a ici, bien évidemment, d'après le roman de Stevenson, l'opposition entre le bien et le mal ; en plus, il utilise pour le titre un autre roman écossais du XIXe siècle, sur le même sujet. Il est intéressant de voir comment l'artiste a utilisé ce film et en a extrait la partie la plus symptomatique, la partie dont on parle depuis les années trente, très emblématique et représentative des effets spéciaux utilisés à l'époque.





















Portrait de Douglas Gordon
http://www.vice.com/en_ca/video/douglas-gordon


Electric Earth 1999 Doug Aitken
Une histoire de synchronisation et désynchronisation du temps et de l'espace. 
http://www.ubu.com/film/aitken_electricearth.html

L'installation multi écran
https://www.youtube.com/watch?v=LSziysd2Duk 
https://www.youtube.com/watch?v=-EEl5GE9ObY

Gray (1993)
http://www.ubu.com/film/ahtila_gray.html

Les films et les installations cinématographiques d'Eija-Liisa Ahtila explorent la question de la narration et sont autant de récits sur des expériences humaines extraordinaires. Les films d’Ahtila se retournent sans cesse sur les mêmes questions : la séparation, la sexualité, l’adolescence, les liens familiaux, la désintégration mentale et la mort.
Le thème de GRAY est le changement qu'une catastrophe opère sur la réalité et la frontière floue séparant l'autre de l'ego. Le film traite d'une situation dont l'autre ne peut être exclu (...). Trois femmes parlent d'un désastre nucléaire qui survient au-delà des limites de l'Etat et décrivent les événements qui en découlent. Le discours est allusif ; il contient à la fois des faits matériels sur les accidents nucléaires et des pensées personnelles. Les femmes descendent par un monte-charge dans un lieu sombre situé sous l'eau. Le changement, qu'il soit provoqué par les retombées radioactives d'un accident nucléaire ou par l'invasion d'une langue et de coutumes étrangères, est définitif - il devient impossible de revenir à son ancien foyer.

Installations vidéo:
Video Quartet 2002 Christian Marclay
http://mediatheque.cite-musique.fr/masc/?INSTANCE=CITEMUSIQUE&URL=/mediacomposite/cmde/CMDE000001900/03.htm
A visionner sur you tube

  1. http://www.youtube.com/watch?v=9VmXoeZir7A


lundi 26 septembre 2016

Atelier vidéo A3 art - premier semestre 2016/2017

La voix de son maître
Méthode
Travail d'atelier collectif : à partir de l'étude du processus du travail d'artistes contemporains dans le domaine de l'image en mouvement ainsi que d'un choix d’œuvres historiques du cinéma expérimental, l'étudiant élabore un projet individuel de "film". Les séances "ressources" (projections, analyses, discussions) alternent avec des séances où l'étudiant présente l'avancée de ses recherches ainsi que ses références étudiées. Rendez-vous individuels à prendre par email, pour la construction du projet de l'étudiant.

Objectifs
Réalisation d'un projet de "film performatif" jusqu'à la mise en place du dispositif de diffusion.
L'étudiant doit aborder ces problématiques sous la forme d'une recherche théorique et référencée ainsi que de façon pratique en réalisant un projet individuel. Acquisition d'une méthode de documentation sur une oeuvre d'un artiste, liées à sa problématique que l'étudiant prend en référence.

Contenu
Le projet questionne le rapport au modèle, au maître, à l'auteur à travers la voix. En choisissant un artiste historique (c'est à dire mort) ayant réalisé des oeuvres impérativement antérieures à votre naissance, vous le ferez parler ou vous parlerez de lui en réalisant votre film. Vous utiliserez le principe de synchronisation entre le son ou le silence, la voix off et des images (vos images), du sous-titrage des archives sonores et visuelles, en les citant, vous les réappropriant. Nous explorerons des dispositifs la présentation de ce film s'accompagnera de la performance avec votre voix.
Le travail questionne la place de l'auteur, votre place : qui parle ? Est-ce l’auteur du texte, présent dans la salle mais dissimulé près du projecteur, cinéaste projectionniste ? La voix préenregistrée par un second cinéaste, alter ego de l’auteur ? Où est le conférencier ? Au-delà de son caractère moderniste et autoréférentiel, la conférence œuvre à une dissociation de ses paramètres — la salle, l’écran, le projecteur, le film, le conférencier, la voix —

Définitions
Dubbing = Doubler
Doublage = Utiliser la voix d'un personnage dans une autre langue
Synchroniser = Synchroniser le son et l'image
Bruitage = Rajouter des son sur des images
Voix off = voix ajouter au montage
Karaoke = une personne lit sur un prompteur les paroles d'une chanson qu'il chante sur la musique

Le sous-titrage est une technique liée aux contenus audiovisuels, notamment cinématographiques, consistant en l'affichage de texte au bas de l'image, lors de la diffusion d'un programme, comme un film. Cette technique initiée par le cinéma a ensuite été transposée à la télévision, où elle peut concerner tous types de programmes comme les séries télévisées, les documentaires, les journaux télévisés, etc. Elle s'applique désormais à tous les médias audiovisuels : DVD-Video, Internet, etc.


Z 32, 2008, Avi Mograbi

Plan de situation, 2006, Till Roeskens
https://vimeo.com/64570678

« …poudre aux yeux, alibi » 2012, Marcelline Delbecq
http://www.dailymotion.com/video/xxto3p_crystal-maze-iv-1-2-3-3-marcelline-delbecq-poudre-aux-yeux-alibi-un-nouveau-festival-2013_creation

Traité de bave et d’éternité, 1951 Isidore Isou
https://www.youtube.com/watch?v=hy7XrmOqgyc

 2 into 1 (1997), Gillian Wearing
http://www.ubu.com/film/wearing_2.html

Eureka a lighthaouse play, 2015 Ellie Ga
Embarquée en 2010 à bord du voilier Tara pour une expédition dans l’Antarctique, Ellie Ga se souvient de la lumière providentielle d’un phare. En 2012, pour son dernier projet Eureka, a lighthouse play, l’artiste pose ses bagages en Égypte et part à la recherche des vestiges du phare d’Alexandrie, la dernière des sept merveilles du monde.

L'image palimpseste, 2015 Béatrice Gross
https://www.youtube.com/watch?v=-wS7jWLWMwk 
Des palimpsestes d’Archimède à ceux d’Ellie Ga, en passant par Erica Baum, Lygia Clark, Dan Flavin ou Robert Rauschenberg…, la commissaire d’exposition et critique d’art new-yorkaise Béatrice Gross explore, dans sa conférence L’image palimpseste, la manière dont certaines œuvres portent en elles, de manière manifeste ou plus secrète, d’autres oeuvres, ces images-sources, fantômes de l’histoire de l'art.

The pixelated Revolution, 2013, Rabih Mroué
https://vimeo.com/119433287

Les statues meurent aussi, 1953, Chris Marker
https://www.youtube.com/watch?v=OoyCXA8eTf0

Bibliographie
«  Qu’est-ce qu’un auteur ? », publié en 1969, repris dans le volume Dits et écrits I, Paris, Gallimard, 2001, pp. 817-849. Foucault donnera en 1979 une version modifiée de cette conférence à l’Université de Buffalo (État de New York) où enseigne Hollis Frampton dans le Département de Media Study.

Michel Chion, La voix au cinéma, Paris, Editions de l’étoile, 1982

Atelier vidéo A2 art premier semestre 2016/ 2017

C'est chez nous
Méthode
Travail d'atelier collectif : à partir de l'étude du processus du travail d'artistes contemporains dans le domaine de l'image en mouvement ainsi que d'un choix d’œuvres historiques du cinéma expérimental, l'étudiant élabore un projet individuel de "film". Les séances "ressources" (projections, analyses, discussions) alternent avec des séances où l'étudiant présente l'avancée de ses recherches ainsi que ses références étudiées. Rendez-vous individuels à prendre par email, pour la construction du projet de l'étudiant. 

Objectifs
Réalisation d'une projet "film" jusqu'à la conception du dispositif de sa diffusion.
L'étudiant se familiarise avec des notions anthropologiques, avec la fonction du documentaire filmé, son rôle et ses fonctions actuelles, entre le champ social et celui de l'art aujourd'hui. 

Evaluation
› Continue et ponctuelle.
- Evaluation de la recherche à mi-parcours : le 15 novembre
- Présentation et évaluation collective en fin de semestre : le 13 décembre
Pas de cours le 8 novembre

Contenu
Avec les moyens de captation mise à votre disposition (son et vidéo) vous partez à la collecte d'images, de sons, d'interview sur les questions : où, quand comment on se sent chez-soi. Vous esquissez des "scénarios" potentiels de situations d'habitat. Ces situations sont partie constituante de votre réalité, d'une réalité. Comment en réalisant une captation de cette réalité en utilisant la vidéo, la photo, le son et en effectuant une relecture de ces captations dans l'atelier vous opérez un décollage de cette réalité, un glissement vers un autre univers... Vous utiliserez les stratégies de la fiction, de l'autofiction.
Travail sur les captations
Le point de vue : la place de la caméra, du sujet, votre place
Le montage : la fiction
Réalisation d'un film par étudiant mais par groupe de deux pour la prise de son et le tournage.

Films de référence
4 murs, 1965 Johan Van der Keuken

Beppie, 1965, Johan Van der Keuken
Beppie a dix ans. Issue d’un milieu ouvrier, c’est une vraie gamine d’Amsterdam, drôle, pleine d’esprit. Spontanée, elle raconte pendant plusieurs mois ses aventures au cinéaste qui la suit dans sa vie quotidienne. Avec une totale liberté d’approche et d’émotion personnelle devant son sujet, Johan van der Keuken élabore en même temps qu’un portrait de l’enfant celui de la ville.
« Elle avait dix ans et elle était le rayon de soleil du canal où j’habitais. Une vraie gamine d’Amsterdam, à la fois gentille et maligne comme un singe. »

One week, 1920 Buster Keaton
https://www.youtube.com/watch?v=sFLHbpBPahE

The Finishing Touch, 1928, Laurel et Hardy
https://www.youtube.com/watch?v=ibrgVPSYzhA  

Women House, 1974 Johanna Demetrakas
« En 1972, fût créée une exposition dont on a beaucoup parlé : Womanhouse. Sous la direction de Miriam Shapiro et de Judy Chicago qui devinrent des figures majeures de l’art féministe dans les années 1970 et 1980 (…), vingt-quatre femmes (dont Faith Wilding et Sandy Orgel) aménagèrent une maison à Los Angeles. L’espace domestique devenant espace d’exposition, la distinction entre public et privé disparaissait et les conventions régissant la représentation volaient en éclats. » Peggy Phelan, Art et Féminisme, éd. Phaidon, 2005.
Johanna Demetrakas est réalisatrice, écrivaine, professeure et productrice basée en Californie.

The cat, the Reverand and the Slaves, 2009 Alain Della Negra et Kaori Kinoshita
Markus est un furry : l’animal qui sommeille en lui est un chat. Benjamin est un pasteur moderne : il prêche les évangiles dans une église virtuelle. Kris est un maître goréen : il contrôle la vie sexuelle de ses esclaves depuis sa chambre... Un documentaire sur trois communautés emblématiques de Second Life.
https://www.youtube.com/watch?v=kw8j-A6qeCE

Disneyland mon vieux pays natal de Arnaud de Pallières
une vidéo de Thys et Degruyter très statique - composée de plans fixes de mannequins - avec des voix off qui les animent.

Le locataire, 1976, Roman Polanski


Bibliographie
Des films et des maisons, La périlleuse trajectoire de l'homme vers son humanité 

Alice Laguarda (ouvrage en commande)
Dans sa quête d’humanité, l’homme fait l’expérience d’une trajectoire existentielle qui le conduit à désirer, inventer et habiter des maisons. Demeure de la subjectivité et de l’intimité de l’être, image de la totalité close sur elle-même, la maison est également le lieu de l’apprentissage de l’ouverture au monde et aux autres. Elle est un objet équivoque : espace de la concentration, de la domestication de l’homme par l’homme, la maison est un vecteur d’aliénation, de dislocation, le lieu où vient se loger, aussi, l’inhumain.

Or, un « récit » particulier traverse le cinéma, celui des trajectoires corporelles, spatiales et émotionnelles des personnages aux prises avec cette ambiguïté fondamentale de la maison. Le cinéma recèle ainsi une histoire des évolutions de la maison en tant que forme matérielle, symbolique, mentale. Il nous interroge sur la valeur de l’habiter, des représentations qui en idéalisent les fonctions d’humanisation jusqu’aux figurations d’une obsolescence de la maison, d’une disparition des croyances et des imaginaires qui l’accompagnent. 
Cet ouvrage richement illustré propose des analyses de ce « récit », structurées en trois moments – l’accord ; le mystère ; l’égarement – qui montrent, de John Ford à Guillermo del Toro, de Jacques Rivette à Wes Craven, en passant par Antonioni, Sam Peckinpah, Dario Argento, David Lynch, Bertrand Bonello, Christopher Nolan et bien d'autres, combien la trajectoire de l’homme vers son humanité est incertaine et périlleuse.

Alice Laguarda a suivi une formation en architecture (architecte DPLG, ENSA de Normandie) et philosophie (DEA, Université Paris-X-Nanterre). Elle mène des activités de journaliste et de critique et a publié de nombreux textes dans des catalogues et ouvrages collectifs (éditions Autrement, Jean-Michel Place, Les Presses du réel...) et des revues (Art pressL’Architecture d’aujourd’huiTraficLe Café en revue...). 
Elle est professeur d’esthétique à l’Esam Caen/Cherbourg.

Espèces d'espaces, 1974, Georges Perec
La poétique de l'espace, 1957 Gaston Bachelard
Habiter, le propre de l’humain. Villes, territoires et philosophie, 2007, Thierry Paquot, Michel Lussault, Chris Younès